Tu te réveilles. Le jour se lève sur Korran, ton village — un peu plus de cent âmes blotties autour d'un puits central. Depuis trois jours, la rumeur court dans tout le comté : un village voisin a été réduit en cendres par la garde royale, sur un simple caprice du roi. Tu n'as presque pas dormi de la nuit.
Tu repousses la couverture, enfiles tes vêtements, et pousses la porte de ta chaumière. Dehors, l'air est frais. La place du marché commence tout juste à s'animer. À l'autre bout, sous l'auvent de la forge, Hakon le forgeron ranime déjà les braises, le marteau cogne en cadence ; à ses côtés, son apprenti Mael — un garçon de ton âge que tu connais depuis l'enfance — ajuste un harnais sur un billot de bois. Quand il te voit traverser la place, son geste se fige un quart de seconde avant qu'il ne reprenne, comme si de rien n'était. Près du puits central, un mendiant au capuchon rabattu t'observe sans un mot. Au bord de la place, une charrette marchande attend, le conducteur adossé à la roue, prêt à partir vers le port de Rivebleue.
Au loin, vers le nord, une fine colonne de fumée s'élève encore. Ce qu'il reste du village brûlé.
Le roi est un tyran. Beaucoup veulent que ça cesse. Personne n'ose.
Toi, peut-être ?
Que fais-tu ?