Vol. IV — Conte doux-amer
Immobile
Tu l'aimes depuis le fond du jardin. Tu n'as qu'un mouvement avant qu'elle te voie pour toujours.
Un amour qui ne peut pas se dire, dans le corps d'un nain de pierre. Bouge trop, et tu seras figé·e à jamais à la regarder vivre.
Un nain de jardin aime Camille depuis toujours. Il peut bouger, mais être vu le figerait pour l'éternité. Tandis qu'un homme bon entre dans la vie de Camille, il doit choisir : se faire connaître d'elle, ou s'effacer pour son bonheur. Six destinées, dont une où tu restes pierre, à jamais.
Premières heures gratuites, sans carte bancaire.
Synopsis.
Il y a le jardin, le muret, l'abri où dorment les outils, et la fenêtre éclairée le soir. Voilà ton monde, et il te suffit, parce qu'elle est dedans. Camille a vingt-six ans. Tu l'as regardée emménager, repeindre les volets, planter trois rosiers qui n'ont jamais pris. Tu l'as vue ramener des amours qui repartaient, claquer une portière dans la nuit, rester assise sur le seuil à fixer le noir. Tu aurais voulu tendre la main. Tu n'en as pas. Tu es un nain de pierre, et la seule chose que tu peux faire, c'est bouger quand le monde a le dos tourné. Mais bouger, c'est risquer. Le Vieux te l'a assez répété — lui, le chat de pierre près du bassin, figé depuis qu'une fillette l'a vu remuer la queue, il y a trente ans. Si Camille, ou n'importe quel humain, te voit en mouvement, c'en est fini : tu resteras dressé·e dans l'herbe pour l'éternité, sa présence à portée de regard et hors de portée de geste. Trois forces te tiennent : ton Élan, qui s'épuise à chaque effort et revient quand tu te tais ; le Risque d'être vu·e, qui monte dès qu'un humain approche ; et, lentement, la Conscience de Camille — cette idée folle, chez elle, qu'une présence veille. Un jour, quelqu'un de bien la regarde comme tu la regardes. Et tu comprends que tout ton art de l'ombre menait à ce seul instant : lui montrer que tu existes, ou disparaître pour qu'elle soit heureuse sans toi. Il n'y a pas de bonne réponse. Il n'y a que la tienne.
§ — Extraits
Quelques moments du récit.
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« Tu n'as pas de main pour la toucher, pas de voix pour la nommer. Tu n'as que le mouvement, et le mouvement te tuera si elle le voit. »
— La pierre, premier soir -
« Moi, j'ai bougé une fois de trop. Une fillette a vu ma queue remuer. Trente ans que je regarde le bassin sans pouvoir y boire. Apprends de moi, petit·e : l'amour patient survit, l'amour pressé reste pierre. »
— Le Vieux, chat du bassin -
« Il y a quelqu'un dans ce jardin. Je le sens, comme on sent un orage. Quelqu'un qui m'aime et qui ne peut pas le dire. »
— Camille, à voix basse -
« Je ne dis pas que c'est un fantôme. Je dis qu'un jardin qui aime sa maîtresse, ça se respecte. Laisse-lui ses secrets, ma petite. »
— Lucienne, la voisine de soixante-dix-huit ans -
« Tu pourrais lui faire signe. Elle finirait par comprendre. Et puis elle partirait, parce qu'on ne bâtit pas une vie sur une pierre. La vraie question n'est pas si tu peux. C'est si tu dois. »
— Le Vieux, avant le choix -
« Ce que Mathéo lui donnera, c'est une vie entière, à la lumière du jour. La tienne est une vie d'ombres et de silences. Est-ce que ton amour vaut assez pour qu'elle renonce au soleil ? »
— Le Vieux, au bord du bassin -
« Est-ce que c'est toi, le vrai ? Ou est-ce que je rêve toute seule, et que je vais tout gâcher pour un rêve ? »
— Camille, un soir, au jardin -
« Quelque chose en toi se durcit pour de bon, sans douleur, comme le soir qui tombe sur le jardin. Tu la regardes vivre, de l'autre côté de la vitre, et c'est la dernière chose que tu feras. »
— Épilogue — Figé·e à jamais
§ — Destinées
Six fins. Une seule sera la tienne.
Chaque destinée est canoniquement écrite, chaque fin a son sens. Pas de game over — des chemins.
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Le Pacte impossible
Elle sait. Elle reste. Et vous vivez un amour que le monde ne pourra jamais nommer.
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L'Effacement
Tu l'as aimée assez pour la rendre à sa vie. Tu t'éteins en paix.
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Figé·e à jamais
Un regard de trop. La pierre se referme sur toi, et tu la regarderas vivre sans plus jamais bouger.
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L'Oubli
Tu n'as jamais osé. Les années ont passé. Elle ne saura jamais.
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La Folie d'amour
Tu as trop voulu, trop vite. Ta présence est devenue une peur. Elle fuit.
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La Révélation
Elle a deviné, sans jamais te voir bouger. Et c'est elle qui choisit, en connaissance de cause.
Ton histoire t'attend.
Les premières heures sont gratuites. Sans carte bancaire. Tu peux jouer longtemps avant de décider.